Pour √©tablir cette statistique nous avons relev√© pour 378 bateaux le poids (ou d√©placement) l√®ge (en kg) et la surface de voile (GV + g√©nois) (en m2) dans Le Guide des Voiliers d'Occasion d'Emmanuel van Deth, (tome 1 - de 5 √† 9 m et tome 2 - de 9 √† 12 m, √©ditions Loisirs Nautiques (2000) (c'est la premi√®re √©dition)). Il s'agit de tous les bateaux de longueur √† la flottaison sup√©rieure √† 6 m, sauf le Requin, magnifique bateau mais qui n'est certainement pas un habitable !



Dans le graphique ci-dessus, nous avons distingué en bleu une poignée de voiliers de régate ou de course:Coco, Pogo, Sprinto, Fun, JOD 24, Melges 24, Helium, First Class 8, Figaro Bénéteau, X99, First Class 10, JOD 35, Sprint 108, Sélection, First Class Europe (et First 40.7 pour illustrer un gros déplacement).

Les points verts correspondent à des bateaux peu toilés par rapport à leur déplacement. On y trouve principalement des fifties et des bateaux de voyage: Evasion 32, Chassiron CF, Fifty 33, Nauticat 33, Endurance 35, Globe Flotteur 36, JNF 38, Euros, Fifty 40, Océanis 40 CC, Nauticat 40.
Les critères (visuels) de sélection de ces deux groupes sont relativement arbitraires, et ne visent qu'à illustrer les notions de fortement et faiblement toilé.
On remarquera pourtant que, même en éliminant les bateaux les plus extrêmes, la surface de voilure peut varier (relativement à la moyenne) de plus à moins 10 m2 (à peu près + ou - 15 %) pour un déplacement au milieu de la gamme (5 à 6 t).

Juqu'à présent, nous avons parlé de rapport, mais pas donné de chiffres !. C'est qu'établir un rapport nécessite la division de deux quantités exprimées avec la MEME UNITE. Or nous avons là des kg et des m2, pas vraiment la même unité !
Pour contourner ce problème, les architectes navals utilisent depuis très longtemps la procédure suivante. Le poids est grossièrement proportionnel au volume, exprimé en m3. La surface de voilure est en m2. Pour ramener ces deux valeurs à la même unité, on prendra la racine cubique (noté ^1/3 ou ^0,3333... sur un tableur) du déplacement, et la racine carrée (^1/2 ou ^0,5) de la surface de voilure. On aura alors deux quantités en 'pseudo-mètres' et on peut légitimement établir leur rapport.



On obtient la droite de régression suivante (pour les points rouges) :

la racine carrée de la surface de voile est égale en moyenne à 0,417 fois la racine cubique du déplacement + 0, 746.

Prenons un cas concret. On dit souvent que le Sunshine de Jeanneau est un voilier bien toil√©. Il porte 76 m2 de voile pour un d√©placement l√®ge de 5400 kg. La racine cubique de 5400 est 17,544. Par l'√©quation de la droite de r√©gression, la racine carr√©e de la surface v√©lique moyenne est √©gale √† 0,417*17,54 + 0,746 = 8,06, d'o√Ļ, en √©levant au carr√©, une surface (moyenne) de 65 m2. Le Sunshine porte en effet 11 m2 de plus que la moyenne des voiliers de m√™me d√©placement. On peut d'ailleurs v√©rifier cette conclusion √† l'oeil sur le premier graphique.

Tout plaisancier peut ainsi facilement qualifier la surface de toile que porte son bateau.

Série à suivre ...