D'apr√®s les historiens de la cartographie, les cartes de Waghenaer sont les premi√®res cartes marines c√īti√®res √† (relativement) grande √©chelle (1:400 000e environ). Elles comportent notamment quelques sondes[1] et de petits symboles en forme d'ancre localisant les meilleurs mouilages. Les cartes de cet atlas accompagnaient le texte d'un routier[2] d√©crivant de mani√®re pr√©cise les routes maritimes et les abris. Des vues de la c√īte sont √©galement pr√©sentes en haut des cartes[3], et non plus uniquement dans le routier.
On remarque imm√©diatement la pr√©sence de deux grands cartouches, d'une rose des vents divis√©e classiquement en 32 quarts[4], de plusieurs figurations de navires et d'animaux marins et de calmes paysages terrestres. Pr√®s des c√ītes, les √©difices et particularit√©s g√©ographiques repr√©sent√©s devaient servir d'amers. Sur toutes les cartes, les terres sont en haut et la mer en bas. Notre carte est donc orient√©e sud vers le haut. Ces cartes de grand format et sur un beau papier √©pais √©taient vraisemblablement plus destin√©es √† de riches armateurs ou des notables politiques qu'aux capitaines ou aux pilotes eux-m√™mes.[5] On notera √† ce propos que Waghenaer publia ult√©rieurement, en 1592, un second routier, le Thresoor der Zeevaert (le 'Tr√©sor de la Navigation') accompagn√© des m√™mes cartes, mais d'une facture plus modeste et d'un format oblong (190 x 550 mm) plus r√©duit[6], donc financi√®rement plus accessibles aux gens de mer.[7]



La portion de carte illustrée ci-dessus s'étend de St-Brieuc à gauche (Est) à Morlaix à droite (Ouest). Beaucoup de toponymes sont aisément identifiables.
- Porterieux est vraisemblablement Saint-Quay-Portrieux;[8]
- Bribac[9] est sans aucun doute l'√ģle de Br√©hat;
- Port Blanc[10] est certainement Port-Blanc dans la commune de Penvenan;
- S: Ian de Doij est Saint-Jean-du-Doigt;
- Treguer[11] doit être pour Tréguier;
- L'√ģlot d'Oreme doit correspondre au plateau de la Horaine; [12]
- Sept. Ysles[13] est bien s√Ľr l'ensemble des Sept √éles;
La grand 'fleuve' (fluvius) Lantrilies [14] pourrait correspondre à la rivière du Trieux. Pour la syllabe initiale, il y a peut-être eu croisement avec Landreger, le nom breton de Tréguier;
- Pont rien, en face de Bréhat, rappelle Pontrieux, sur la rivière du Trieux, mais aussi La Roche-Derrien sur le Jaudy.[15]

Mais il ne peut avoir √©chapp√© aux personnes famili√®res de la r√©gion que cette carte est assez √©loign√©e de la r√©alit√© topograpique (voir la carte moderne √† la fin de ce billet). Les estuaires de deux grandes rivi√®res coulant du sud vers le nord, assez proches l'une de l'autre, entaillent le Tr√©gor : le Jaudy, √† l'ouest, qui arrose Tr√©guier et La Roche-Derrien, et le Trieux, √† l'est, qui longe L√©zardrieux et Pontrieux. La mar√©e haute rend accessible ces quatres petites villes, et les navires peuvent √† tout moment trouver refuge √† l'embouchure de ces estuaires, s'ils sont parvenus √† √©viter les semis de roches et d'√ģlots qui en rendent l'acc√®s difficile.
Or une seule rivière est visible sur la carte entre Bréhat et les Sept-Îles. Néanmoins, plus à l'est, Porterieux est placé le long d'une rivière qui n'existe pas.[16] Je crois possible que Waghenaer, ou le cartographe dont il s'inspire, ait confondu Port(e)rieux et Pontrieux, plaçant une 'copie' du Trieux beaucoup trop à l'Est. En effet le grand 'fleuve' à l'ouest de Bréhat, Lantrilies est vraisemblablement également le Trieux. De ce fait, le Jaudy manque totalement.
On remarquera √©galement que Port Blanc se trouve √† l'est de Treger (Tr√©guier), qui se retrouve plac√© sur la c√īte, et non sur le Jaudy √† l'int√©rieur des terres. Cette 'copie' du Trieux trop √† l'est aurait donc conduit √† la suppression du Jaudy. La proximit√© phon√©tique de Port(e)rieux et Pontrieux est certainement une circonstance att√©nuante. Mais on ne peut √©liminer l'influence de cartes' terrestres' comme celle de Mercator, parue la m√™me ann√©e, et qui n'est gu√®re plus exacte (voir un extrait √† la fin de ce billet).



Tournons nous maintenant vers la c√īte au sud des Sept-√éles. On ne peut manquer de remarquer une grande √ģle appel√©e t'groen eijlant (l'√ģle verte), derri√®re laquelle on trouve deux bons mouillages[17]. Le Petit Flambeau de la Mer[18] nous apprend qu'il s'agit de la petite √ģle Tom√©[19], qui prot√®ge partiellement la rade de Perros-Guirec:

ISLE DE TOMMEES
Deux petites lieues à l'Ouest de Port-Blanc, est l'Isle de Tommées, nommée par les Hollandois Groen.ylard [20] autour de laquelle on peut ancrer, c'est une fort bonne Rade: il y a aussi beau passage entre cette Isle & les sept Isles.[21]


Il s'ensuit que Vlis haven doit un lieu proche de Perros-Guirec[22]. La quête d'un toponyme commençant par v, ou b/m (pour tenir compte d'une mutation éventuelle) initial n'est pas évidente. On pourrait songer à (Crec'h) Bizien [23] passant à Viz(ien) par mutation, mais la consonne 'l' interne manque. Il s'agit plus vraisemblablement des rochers de Bilzic, à l'ouest de Tomé, qui donnerait Vilz(ic) par mutation[24]. Pour l'interversion de la consonne 'l' et de la voyelle 'i', y-a-t'il eu attraction de la part du nom du port néerlandais de Vlissingen ?[25]. Quoi qu'il en soit, je suggère donc que la rade de Perros-Guirec est appelée havre de Bilz(ic) sur cette carte, du nom d'un dangereux écueil qu'il convient de parer pour y pénétrer.[26] Signalons pour terminer que le routier précise que Vlishaven est aussi connu sous le nom de t Groene Eylandt'.[27]



Il est int√©ressant de consulter une carte hollandaise plus r√©cente de pr√®s d'un si√®cle intitul√©e De Cust van Bretaigne Tussen Porterieux en Heissant (La c√īte de Bretagne entre Portrieux et Ouessant) publi√©e par Pieter Goos √† Amsterdam en 1669.[28]


Une carte aquarellée très voisine (1670) se trouve dans à la page 20 de L’Atlas de la Mer ou Monde acquatique du même auteur.

©

Port-Blanc, avec un clocher, se trouve maintenant clairement sur la rive gauche de la grande rivi√®re, toujours unique, mais √† la position que devrait occuper Tr√©guier et sa cath√©drale Saint-Tugdual visible de loin[29], ville qui prend, sym√©triquement, la place de Port-Blanc. Vlis haven est toujours mentionn√© devant l'√éle Verte (t'Groen Eyl./Eylant), dont la taille est plus raisonnable. L'√©chancrure de la rade de Perros n'est plus figur√©e, mais trois mouillages sont maintenant indiqu√©s. La figuration des Sept-√éles, maintenant mentionn√©es en n√©erlandais (Seven Eylen / Eylanden), est bien plus riche, et son mouillage est pr√©sent. Les dangers des Triagoz (Drinkel Potten) sont clairement pr√©sents, avec, plus √† l'ouest, des √ģles non nomm√©es qui pourraient √™tre le plateau de la M√©loine[30] Plus √† terre, la zone entre Ploumanac'h et Tr√©gastel et ses rochers apparaissent, ainsi qu'un grande rivi√®re qui est sans doute le L√©guer[31], qui arrose Lannion.
On note de toute √©vidence, un si√®cle apr√®s la carte de Waghenaer, de notables progr√®s dans la figuration de cette zone riche en dangers. Ces progr√®s semblent d'ailleurs plus concerner les dangers au large que la c√īte elle-m√™me, ce qui se comprend si les navires hollandais longeaient cette c√īte plus souvent qu'ils n'y mouillaient, sauf peut-√™tre en cas de mauvais temps. La pauvret√© √©conomique de cette partie de la Bretagne et l'absence de grandes villes l'expliquent ais√©ment.
Mais on doit cependant noter un point curieux. Les cartes terrestres sont en partie plus exactes que les cartes marines, comme on peut le constater sur cet extrait d'une carte générale de la Bretagne[32] imprimée aux Pays-Bas en 1635.



Si l'allure de la c√īte est assez fantaisiste, le Jaudy comme le Trieux sont bien pr√©sents. Lantreguet (Landreger en breton, Tr√©guier) et La Roche Derrien, sur le Jaudy, sont bien √† l'est de Port-Blanc, sur la c√īte. Lasaldriou (L√©zardrieux) et Pontrieux sont bien sur le Trieux (voir la carte sur le site). La rivi√®re de Pontris (Pontrieux) a disparu. La carte mentionne Penros, la forme bretonne correcte pour Perros(-Guirec), mais aussi Poulmanach (Ploumanach) et Tresgastel (Tr√©gastel). On est d'ailleurs frapp√© par la richesse et la relative correction de la toponymie[33]. Ceci conduit √† conclure que les cartes marines hollandaises de cette √©poque ne se soucient gu√®re de la c√īte. Le trait de c√īte semble recopi√© au fil des ans, sans prise en compte des informations disponibles sur les cartes 'terrestres'. Seuls les dangers au large semblent faire l'objet de mises √† jour. Et l'usage d'un routier appara√ģt d'autant plus indispensable.

On peut regarder avec suffisance les 'erreurs' de ces cartes. On peut se gausser en particulier du changement d'√©chelle qui rend l'√ģle Tom√© et les Sept-√éles gigantesques par rapport √† leur taille r√©elle √† l'√©chelle de la carte. Mais il y a lieu de croire que ces variations de taille ne sont pas des erreurs. On a souvent not√© que les premi√®res cartes grossissaient les zones importantes pour la navigation, comme le font les cartouches de beaucoup de cartes modernes pour pr√©senter √† une plus grande √©chelle des zones cruciales pour la navigation, les ports par exemple. Ceci √©tait d√©j√† vrai pour les cartes √† tr√®s petite √©chelle appel√©es improprement 'portulans', comme le soulignait r√©cemment √† nouveau Patrick Gautier-Dalch√© dans un article fondamental qu'il faut absolument lire.[34]

Mais il ne convient pas de majorer l'importance de l'apparition des cartes nautiques au plan pratique. Les routiers, avec leurs nombreuses vues des c√ītes, resteront jusqu'au d√©but du XIXe, l'instrument privil√©gi√© des pilotes et ma√ģtres de navire.[35] En for√ßant le trait, on pourrait dire que les cartes fonctionnent essentiellement comme un index visuel des paragraphes du routier. Et quand on prend en compte le manque de pr√©cision des cartes nautiques jusqu'√† cette date[36], on comprend mieux la persistance des pratiques routini√®res et du manque d'ouverture √† la nouveaut√© que repr√©sentent les cartes marines, tares dont on taxe souvent, √† tort √† mon avis, ces professions, m√™me dans les meilleures √©valuations historiques.










Extrait de la carte intitulée Britannia et Normandia cum confinibus regionibus de Gerard Mercator, 1585


Extrait d'une carte de Guillaume Brouscon, 1543. On déchiffre de bas en haut; morles (Morlaix); lannon (Lannion), por(blanc?) (Port-Blanc), b(rea?)c; (Bréhat), pontreo (Pontrieux), s:briec (St-Brieux). Cette carte avait pour fonction essentielle de permettre la détermination de l'heure des marées.


Extrait d'une seconde carte de Guillaume Brouscon (1548). Outre briat (Bréhat) et port blanc (Port-Blanc) qui apparaissent ici clairement, lantreger (Tréguier) et cetill (Sept-Îles) sont portés sur cette carte.

Notes

[1] Sans doute en brasses, un peu moins de deux mètres, mais je n'ai pas cherché si des spécialistes avaient établi l'équivalence moderne exacte.

[2] On parle de pilote ou d'instructions nautiques de nos jours. Mais le terme 'portulan' est encore utilisé dans le titre d'un pilote officiel français en 1855.

[3] Dans notre cas, il s'agit d'une vue de la c√īte entre Saint Pol de L√©on et le Four, en passant par l'Abervrac'h, et d'une vue d'Ouessant.

[4] 11,25¬į, soit le quart d'un demi-angle droit.

[5] En 2010, un très bel exemplaire a été vendu 220 000 euros !

[6] Les cartes sont au 1:600 000e environ. Une édition française a paru en 1601. On peut voir un exemple de carte de cet ouvrage ici

[7] Le texte du routier (disponible en n√©erlandais dans le lien de la note de l'introduction) ne devait pas beaucoup diff√©rer de celui de la traduction en fran√ßais d'un ouvrage de Guillaume Janszoon, dat√©e de 1620 disponible en partie sur le site Gallica. La reproduction en est malheureusement trop r√©duite, ce qui rend tr√®s difficile la lecture de ce document. De l'argent investi pour un produit final inutilisable, voil√† qui est bien triste...Les pages concernant les c√ītes du Tr√©gor ne sont pas reproduites.

[8] La carte précédente de l'atlas porte Porto Rieux. La graphie Porterieux se trouve jusqu'au début du XIXe siècle.

[9] Bribact dans le routier.

[10] Port Blancq dans le routier. L'√ģle Saint Gildas, qui prot√®ge le mouillage de Port-Blanc est d√©j√† mentionn√©e dans la carte portulane de Vesconte (1313) sous la forme sanquindazo. On la trouve jusqu'en 1553, d'apr√®s le listing de Tony Campbell sur son extraordinaire site sur les portulans.

[11] Landreger (prononcé 'guerre') en breton.

[12] Le rocher d'Octobers en revanche ne correspond pas √† un toponyme moderne de la zone. Sa position sur la carte peut sugg√©rer le plateau des Triagoz (Triagots ou Triaguels-Porten dans le Flambeau, les Dragons sur certaines cartes terrestres du XVIIe, sans doute par fausse √©tymologie), mais aucun il√īt de ce plateau ne porte actuellement un nom proche. Au plan phon√©tique, ce nom √©voque (le Sillon de) Talbert, en face des H√©aux de Br√©hat.

[13] Seven Eylanden dans le routier. On trouve ce toponyme sous la forme setiles dans la carte portulane de Vesconte (1313) (voir la note sur Port-Blanc).

[14] Lantrilliers dans le routier.

[15] C'est à Pontrieux que se trouvait le pont St-Yves, seul pont permettant de franchir le Trieux avant la construction de celui de Lézardrieux, 15 km en aval, en 1840. Mais La Roche-Derrien, sur le Jaudy, un peu au sud de Tréguier (dont le pont ne remonte qu'à 1904), possède également un pont ancien.

[16] L'anse au fond de laquelle est situé St-Brieuc pourrait être l'embouchure du Légué.

[17] Il est difficile en revanche de savoir à quoi correspond le mouillage entre les Sept-Îles et 'Treger': est-ce l'actuel Port-Blanc ou le mouillage des Sept-Îles entre l'Île aux Moines et Bono (appelé par erreur Melban sur cet extrait de la (pour une fois !) magnifique carte de Bellin (1764) ci-dessus, juste pour le plaisir des yeux, à comparer avec une carte moderne (SHOM 7025 au 20 000e, 1998)?

[18] Petit parce qu'il ne fait que 190 x 150 mm. Cité d'après l'édition de 1763 disponible sur le site Gallica . D'après le magistral ouvrage d'Olivier Chapuis À la mer comme au ciel: Beautemps-Beaupré & la naissance de l'hydrographie, la première édition du Petit Flambeau de la Mer de R. Bougard date de 1684 et la quatorzième et dernière de 1817, les cartes restant, pour la quasi-totalité d'entre elles, inchangées ! Il ne faut pas confondre ce petit ouvrage avec les grands routiers que sont le Grand et Nouveau Miroir ou Flambeau de la Mer, qui est une traduction française du routier hollandais de Willem Janszoon (Blaeu ?), traduit par P. Yvounet, première édition par P. Goos à Amsterdam en 1676, et le Nouveau & Grand Illuminant Flambeau de la Mer, traduction par Pierre Francois Silvestre du routier Zee-Fakkel de Jan van Loon et Claas Janszoon Voogt, première édition par Johannes van de Keulen en 1681.

[19] Ce site internet précise que "des actes du XVI-XVIIème siècle lui donnent les noms suivants : Tansvéac ez mettes du Port Blanc (en 1515), Taféac, Tarréac, Touavéac, Tavéac". On trouve Taveliuc(k) dans le routier de W. J. Blaeu ('t Licht der Zeevaert, IIII, p.33 (109)) en 1603/1608, et encore Taviec dans l'Almanach du Marin Breton en 1905.

[20] Groen-yand dans l'édition de 1730 consultable ici. La forme 'Green Isle' se trouve encore sur une carte marine anglaise de 1693.

[21] On notera l'importance que l'école de cartographie hollandaise (cartes comme routiers), liée à la puissance maritime de ce pays au XVIIe siècle, conserve à cette époque en France.

[22] Le routier précise que c'est un bon refuge, protégé de tous les vents. J.P. Pinot, dans un rapport de 1993 sur l'évolution du littoral (cité ici) indique que Vlishaven signifie 'port de la falaise'. Malgré mes recherches, je n'ai pas trouvé de mot flamand ou néerlandais proche de Vlis et signifiant 'falaise'.

[23] Une éminence du plateau rocheux sur lequel est construit Perros-Guirec

[24] Apr√®s article/pr√©position, comme dans (par exemple) roc'h ar vilzic ('roche de Bilzic'). -ic signale simplement un diminutif. Le Geriadur (dictionnaire) de Favereau donne Bilz(ic) comme nom du personnage (principal) du conte √©ponyme du XVIIIe (cf. F. al Lae, Bilzic, 1925). Une recherche rapide sur la toile donne le r√©sum√© suivant: Le malin Bilzic, voleur de son √©tat, dupa le seigneur de Kerrou√©, √©pousa sa fille et devint √† son tour ch√Ętelain √† la mort du p√®re. Plusieurs sites g√©n√©alogiques indiquent une dame Alix (=Alice) Bilzic √©pousant Jean IV de Kergolay, mort en 1340. Une famille Bilzic aurait fait construire l'√©glise Saint-Pierre au XIVe si√®cle √† Plougonver (22). Bilzic est aussi cit√© comme surnom dans le r√©cit traditionnel Marion du Faouet. Ces dates anciennes rendent plausible l'existence du toponyme Bilz(ic) √† l'entr√©e de la rade de Perros-Guirec au XVIe si√®cle. Le Bilz est attest√© comme pointe et basse pr√®s de P√©nestin dans le Morbihan, tout comme Bilzic, un pont pr√®s de Hennebont ('Dictionnaire Topographique du D√©partement du Morbihan' de Rosenzweig)

[25] La métathèse (interversion) de la consonne l par rapport à la voyelle est un phénomène courant, qui peut être spontané. Vlis dans le toponyme Vlissingen n'a pas d'étymologie certaine en néerlandais. Il ne s'agit donc pas d'une 'traduction' d'un toponyme breton en néerlandais, comme Waghenaer le pratique parfois (cf. Peter Menne' pour Pierre-Moine au large de Noirmoutier sur sa carte de Bretagne sud, avec un contresens.)

[26] On laisse Bilzic √† tr√®s faible distance sur babord quand on entre dans la rade de Perros par la passe orient√©e NW-SE balis√©e aujourd'hui par le feu √† secteur de Kerjean (cf. les doubles traits pointill√©es sur la carte du SHOM). Cette passe est plus souvent praticable que la passe orient√©e NE-SW (alignement du phare de Kerprigent par le phare du Colombier, visible sur la carte moderne) au ras de la pointe sud de l'√ģle Tom√© en raison des vents dominants d'ouest. Ces deux passes donnent acc√®s aux deux mouillages de la carte de Waghenaer, qui sont encore aujourd'hui port√©s sur les cartes marines. Le groupe de maisons figur√© pourrait correspondre au village de Louannec.

[27] On peut lire ici des d√©tails sur l'attaque en 1529 dans la rade de Perros d'un navire flamand, mais command√© par un ma√ģtre de l'√ģle de R√©, par des pirates du Croisic.

[28] Elle semble assez proche de la carte du routier de 1620 déjà mentionnée.

[29] Mais la grande flèche actuelle n'a été terminée qu'en 1785. Il s'agirait donc de la tour Hasting d'époque romane

[30] On a sugg√©r√© que La M√©loine √©tait d√©j√† mentionn√©e sur le portulan de Vesconte (1313) sous les forme melazo (voir la note sur Port-Blanc). Je plaiderai bient√īt qu'il s'agit plut√īt d'une r√©f√©rence confuse au prieur√© de Saint Melaine √† Morlaix.

[31] Je ne déchiffre pas le nom: L....t ?

[32] Britannia ducatus Duché de Bretaigne de Johannes Blaeu, chez G. Blaeu à Amsterdam.

[33] Il est intéressant de comparer la toponymie avec celle de deux petites cartes de Brouscon, du Conquet, datés du milieu du XVIe, à la fin de ce billet.

[34] 'Cartes marines, repr√©sentation du littoral et perception de l'espace au Moyen √āge. Un √©tat de la question', in Castrum 7, Zones c√īti√®res littorales dans le monde m√©diterran√©en au Moyen √āge: d√©fense, peuplement, mise en valeur, Coordination √©ditoriale de Jean-Marie Martin, Droz (2001), pp. 9 - 33.

[35] Nous montrerons dans les prochains billets la haute qualité des renseignements donnés dans le routier de Pierre Garcie dit Ferrande dès la fin du XVe siècle.

[36] La rupture se fait clairement avec les travaux de cartographie marine de Beautemps-Bauprée à partir de 1820.